Liberté d’expression : Bénin, l’ex bon élève.

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                                          Liberté d’expression : BÉNIN, l’ex bon élève.

Le Bénin n’est plus la coqueluche des classements internationaux sur la liberté de presse. Même si ce n’est pas encore la Corée du nord ou l’ Érythrée, ce pays s’illustre de moins en moins comme le havre de paix et de sécurité qu’il fût pour les professionnels des médias. Au-delà de cette réalité qui doit interpeller chaque citoyen du dit pays, il se profile quelque chose de plus diffus, de plus grave et qui risque de remettre en question les fondements même d’une des démocraties les plus solides d’Afrique : la disparition programmée de la liberté d’expression.

Le classement de reporters sans frontières est tombé comme une sanction. Le Benin a encore reculé, et de 6 places cette fois ci. Passant de la 78 à la 84 position. Plus personne à Cotonou ne doute du fait que progressivement tous les espaces de liberté conquis de haute lutte sont désormais assiégés par une intrusion constante du pouvoir politique dans le monde des médias. Comme signes extérieurs alarmants, les béninois pointent du doigt la HAAC, qu’ils soupçonnent à tords ou à raison d’être devenu le bras armé d’une politique de répression injustifiée à l’égard de certains organes de presse. Surtout les plus réfractaires aux séductions du gouvernement. Ces journaux qui ayant choisi un positionnement politique particulier se sont clairement identifiés comme des journaux d’opposition. Si ce soupçon parait plutôt exagérer selon notre rédaction, il serait peu honnête de ne pas prendre en compte les inquiétudes de certains confrères. Inquiétudes qui traduisent le sentiment d’une traque sélective qui aurait pour seul boussole, la volonté de ne contrarier personne de haut placé dans la sphère gouvernementale.

La citadelle de la liberté d’expression hier encore imprenable, montre ces temps-ci des signes d’essoufflement. Faiblesses passagères ou véritables chant du signe ? La question mérite d’être posée. Ce qui est sûr, les citoyens béninois ont de plus en plus l’impression d’étouffer face à un régime, décidé à saisir le moindre prétexte pour entraver le droit légitime de la presse à informer de tout, y compris de ce qui pourrait fâcher les nouveaux maîtres du pays.  Ce qui progressivement est menacé de disparition, c’est surement la démocratie intégrale pour laquelle les béninois ont très longtemps combattu.

La faiblesse avérée des principaux contre-pouvoirs programme la liberté d’expression comme la seule manifestation tangible de l’état de droit que les citoyens sont en droit d’exiger. Remettre en cause ce principe serait le signe d’un régime totalitaire dépouillé de ses oripeaux de démocratie.

 

 

 

 

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