Les femmes : l’alibi d’un projet de révision constitutionnelle aux relents obscurs

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Argument favori avancé par les instigateurs de la proposition de loi portant amendement de la révision de la constitution, la représentativité des femmes au parlement est un sujet qui nourrit la polémique. Aux dires des thuriféraires de l’opposition, cette raison est fallacieuse et avancée dans un esprit sournois pour entreprendre un projet aux desseins obscurs. Les femmes s’invitent malgré elles au cœur du débat de révision constitutionnelle.

Un prétexte factice d’un projet controversé

Après ce qu’il convient de qualifier d’échec de la révision de la constitution par voie parlementaire, une communication ourdie par les chantres de la Rupture présente les 19 députés comme des misogynes. Des séries de manchettes des journaux affidés au gouvernement ont  nourri des tirs croisés contre l’ancien président Boni Yayi. Ce dernier, conduit à l’échafaud médiatique, est montré comme celui qui déteste les femmes et déploie ses énergies pour empêcher leur niveau de représentativité politique.

Depuis son accession à la magistrature suprême, le gourou de la rupture n’a rien pour promouvoir les femmes dans son équipe. Dans l’escouade de l’Exécutif, les femmes qui sont subitement devenues la priorité du gouvernement sont à peine visibles. Le nombre de  portefeuilles ministériels attribués aux femmes se limite à quatre dans un gouvernement large qui concentre vingt-et-un départements. Curieux casting pour un  pouvoir qui brandit par le biais des parlementaires l’alibi de la représentativité pour acter une révision contestée.

Par  ailleurs, elles sont très peu que les différentes nominations hebdomadaires consacrent à des postes de responsabilité. Cela fait dire à certains observateurs que le gouvernement Talon relègue les femmes aux vétilles si le président ne les promeut pas.

Si le gouvernement de la Rupture – un concept qui a perdu toute sa sensation par la résurgence des actes de gouvernance peu catholique observés par le passé, veut mettre les femmes au-devant de la scène politique, il n’a pas besoin de réviser la constitution. Les incessantes acrobaties intellectuelles habilement exécutées par les députés du bloc de la majorité parlementaire tendent à faire croire au peuple que le salut des femmes réside dans la révision d’une constitution qui, depuis le cours de l’expérience démocratique, assure au Bénin une relative stabilité institutionnelle.

Pendant que la surenchère communicationnelle essaie de faire admettre à l’opinion que les femmes souhaitent le référendum, des voix se font pressantes dans l’opposition pour dénoncer la supercherie du projet. Quoi qu’on dise, la révision n’est pas encore acquise pour le président Talon et sa cour.

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