MODESTE TOBOULA : LE GOLEM AU SERVICE DU PRÉSIDENT TALON.

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Pour comprendre la personnalité de Modeste Toboula, il vous faut toute affaire cessante aller chercher le sens du mot golem. Modeste Toboula est un être haut en couleur, doté d’un caractère à mi-chemin entre celui du bossu de notre dame et celui du personnage romanesque Harlequin.  S’il n’y a chez lui rien qui inspire le raffinement, c’est justement parce que modeste Toboula exerce sa fonction comme le mandataire aveugle d’une basse besogne. Dans tout Cotonou ses mises en scène pseudo républicaines sont suivies comme une série télé à la mode. Ainsi a-t-on pu suivre le préfet Toboula dans les épisodes déguerpissements des trottoirs, chasse aux vendeurs à la sauvette et aux mendiants et en ce moment c’est au tour d’une certaine opération dite ouragan de tenir les cotonois en haleine. Le bon sens aurait souhaité que l’exercice de la fonction préfectorale ne fasse point l’objet d’autant de tapages inutiles et contreproductifs. Le préfet Toboula pourtant s’enorgueillit d’œuvrer pour le bien public, ce en traitant ses concitoyens avec le moins de courtoisie possible. Tout à sa gloire personnelle et peu enclin à la critique, le préfet du littoral dérange autant qu’il intrigue. Si selon de nombreux observateurs ses initiatives sont frappées du sceau de l’inefficacité monsieur Toboula ne nourrit pour autant aucun remords quant au triste palmarès par lui tissé. Les nombreuses anecdotes sur ses égarements grammaticaux qu’ils soient vrai ou faux, témoignent d’une science dialectique mal apprivoisée par celui qui pourtant se veut être vu, comme le symbole de l’élite proactive dont les agissements ont visiblement terni l’image du régime de la rupture.

Il est tentant de voir dans le phénomène Toboula la résurgence des vieux démons qui ont pendant longtemps ont hantés la démocratie béninoise. En son temps surtout sous la dictature kerekou nous avons pu voir des potentats locaux exercés leurs fonctions avec le même zèle, mais surtout nanties de la même incapacité au discernement. Pour ce qui est de la hiérarchie administrative dont il dépend, le préfet du littoral fait souvent montre d’un pouvoir qui questionne sa place réelle sur l’échiquier politique nationale. Dans un contexte socio politique ou le pouvoir en place souffre d’un manque de popularité qui s’accroit de jour en jour, modeste Toboula pourrait très rapidement représenter un grand danger pour ceux-là mêmes qui l’ont promu. Pas assez discret, trop impopulaire et souffrant d’une atrophie du sens de la stratégie, ce sont là quelques handicaps qui lui sont déjà reprochés en haut lieu. Tout en étant de ceux qui trouvent salutaire le semblant de reformes impulsées par le préfet Toboula nous tenons pourtant à émettre ici le vœu de voir ce personnage public enfin débarrassé de ce qui le réduit à son rôle de bras armé servile d’une politique à laquelle lui-même ne comprend que peu de choses. En attendant qu’une de ses prestations ubuesques vienne à nouveau nous divertir , nous demandons au génie Toboula de bien vouloir rester dans sa lampe .

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