Révision de la constitution : la surenchère communicationnelle du pouvoir

0
280

A la Une des journaux abonnés à la prébende du gouvernement, les titres sont presque identiques. Libellés avec emphase assortis d’une tonalité ronflante, les manchettes évoquent l’idée d’une adhésion populaire à la proposition de révision qui oppose les acteurs politiques, exacerbe les uns et renforce le clivage entre la minorité et la majorité parlementaires.

La volonté manifeste d’instrumentaliser l’opinion

«  les femmes disent Oui pour le référendum ». Voilà en substance la manchette d’un journal dont la ligne éditoriale est proche du gouvernement Patrice Talon. A Cotonou, ville régulièrement citée pour établir les sondages auprès de l’opinion générale, les journaux ne tarissent pas d’ingéniosité pour vendre aux populations des manchettes aussi fantasques qu’amusantes des fois. Depuis que l’idée du référendum se précise, une guerre de communication s’est ouverte entre les deux blocs politiques en désaccord sur l’idée. Le camp de la mouvance sombre dans une propagande manifeste dans le dessein de légitimer une initiative qui n’émeut guère à Cotonou comme dans les autres villes. A défaut de recevoir l’adhésion populaire, la surenchère communicationnelle tourne parfois à de la distraction dans un contexte où le gouvernement brille par une léthargie dans la politique quinquennale.

Dans la pratique, les Rédactions favorables à la politique du gouvernement Talon sont à chaque veille de parution guidées par une Lettre de cadrage. Etablie et expédiée par la cellule de communication de la Pré dans les boites électroniques des journaux, cette missive traduit l’idée que les maitres à penser de la communication du gouvernement veulent infecter. La toile a été récemment mise en ébullition. Un exemplaire de la fameuse lettre de cadrage, tombé entre les mains d’un internaute, fut rendu public.

Pendant ce temps, les partis d’opposition peinent à s’organiser judicieusement afin de contrer les caprices des révisionnistes. Dans cette atmosphère où le pouvoir en place a décidé de verser dans la supercherie, les citoyens useront de leur jugeote pour apprécier le projet de révision qui fracture les acteurs de l’arène politique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here