Code électoral : Des dispositions incongrues qui provoquent l’ire de la classe politique et des internautes

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La commission des lois a récemment adopté les dispositions du nouveau code électoral qui sera prochainement soumis à l’appréciation des députés pour vote. Si avec la majorité mécanique de Patrice Talon à l’Assemblée nationale la proposition de loi sera adoptée sans grande surprise, l’initiative suscite une vague de mécontentement populaire au sein de l’opinion et de la classe politique. Le nouveau code électoral contient des prescriptions qui, selon l’analyse des observateurs, sont orientées pour empêcher la compétition en 2019 et en 20121.

Des prescriptions d’une grande incongruité

Les députés du bloc de la majorité parlementaire soumis aux caprices du prince du palais de la Marina s’apprêtent à adopter une nouvelle règlementation des procédures électorales qui parait à tous points de vue surréaliste et scabreuse empreinte d’une volonté manifestement partisane.

Dans le draft de de la proposition portant code électoral adopté en début de semaine par l’Assemblée nationale, les mentions sont ahurissantes.
La caution pour participer aux élections présidentielles a connu une surenchère de plus de 1000%. Ainsi, la somme passera de 15 millions à 250 millions de FCFA. Par ailleurs, il est également prévu que toute liste qui prendra part aux joutes législatives devra mobiliser 200 millions de F FCA. Si les géniteurs de cette mesure arguent qu’elle vise à dissuader les candidatures fantaisistes, elle est inconcevable pour une large partie de l’opinion.

L’argent devient donc le tamis qui servira de base à la course à la magistrature. Cette approche prébendière des élections exclut d’office ceux qui, en dépit de leur situation financière ont des idées lumineuses pour diriger ce pays. Faudra-t-il notamment des hommes comme Patrice Talon qui ont fait fortune de manière sulfureuse pour postuler aux élections ? Dans les grandes démocraties qui séduisent par leur vivacité, l’argent ne constitue pas le baromètre qui filtre des candidatures.

A concéder aux députés, copains de Patrice Talon, l’idée de légitimer une candidature, cela aurait été plus crédible d’exiger un certain nombre de signatures d’élus locaux pour faire accepter une candidature comme c’est de coutume en ailleurs.

Mais ici, les députés mus par les élans d’un président capitaliste au passé peu gai ont décidé de consacrer l’argent comme le déterminant du caractère sérieux d’une candidature. D’un point de vue intellectuel, cette démarche est assimilable à de la bêtise porteuse de graves vices.

Une yayiphobie dans l’air

Dans le texte à polémique que la clique parlementaire chapeautée par Adrien Houngbédj va probablement entériner, il est prévu que les anciens présidents de la République, candidats aux élections législatives, perdent l’entièreté de leurs avantages et facilités liés à leur statut. A scruter la météo qui annonce les couleurs pour 2019, cette disposition est façonnée de manière à dissuader les anciens présidents Nicéphore Soglo Boni Yayi à se lancer à l’assaut du parlement. Ces derniers sont adulés par des populations déçues de la gouvernance Talon.

Le génie des députés éclairés par la malice du successeur de Boni Yayi veut donc de manière aussi sournoise que la cabale dirigée contre la minorité parlementaire écarter ceux-là dont l’oeuvre lui a permis d’accéder au pouvoir après un jeu démocratiquement paritaire .
Si les députés opposés à cette proposition sont inférieurs, la rue pourra faire changer la donne.

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