Code électorale au Benin : le traquenard de talon pour anéantir la démocratie.

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Faites le tour des forums de discussion et vous aurez un bref aperçu du sentiment de désarrois des Béninois face ce que la nation entière considère comme le pire guet-apens tendu à notre démocratie. Le président Talon a peur et ça se sent. Sinon il est difficilement compréhensible que son camp politique ait conçu ce projet de code électoral inique et alogique au regard de la tradition démocratique de notre pays.

Commençons par le plus incongru, la caution des deux cents millions de francs à déposer avant de se constituer en une liste électorale. Cette somme astronomique aura probablement pour effet de restreindre la chose politique a une élite corrompue qui pour avoir pendant longtemps pillé ce pays peut donc se permettre de dépenser pareille somme sans sourciller. Un député est avant tout un élu représentatif de la population de son pays. Dans ce cas est-il sérieux de penser qu’un homme d’affaires ou un politicien véreux saura défendre les intérêts des millions de cultivateurs en zone rurale qui portent sur leurs dos courbes le poids de l’économie de ce pays. Désormais seuls les nantis seront représentés à cette assemblée qui du coup n’aura plus rien de national. Tout au plus sera-t-elle la réification d’un conseil d’administration du syndicat du crime qui fut si célèbre dans le Chicago des années 30.

En ce qui concerne la fameuse disposition des 15 pour cent cette mesure vise surtout a faire rentrer dans les rangs tout ceux qui comme le PRD de maitre Adrien Houngbedji vivote en périphérie du bloc de la mouvance présidentielle en attendant la débâcle programmée de talon pour fuir et aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verte. En effet talon doute de plus en plus de la loyauté de certains de ses obligés. Tout a leurs lâchetés ces derniers s’ils n’ont pas encore le courage de dire tout haut les inquiétudes qui les assaillent quant a la gestion du pays. Ils n’en sont pas moins des visiteurs du soir assidus soit chez le président Ajavon soit chez l’ex-président de la République Thomas boni Yayi, cherchant chez ces deux géants de la politique béninoise les ressources et la protection nécessaires a une carrière politique devenue sous la rupture, plus servile que patriotique.

La cerise sur le gâteau de ce code électoral demeure la clôture sur mesure construite pour endiguer la furia annoncée par un probable retour du président Yayi sur le devant de la scène politique. Les anciens présidents désireux de se présenter aux élections législatives encourent le risque d’une perte de leur statut d’ancien président. Là c’est le comble, en quoi cette mesure se justifie-t-elle si ce n’est tout simplement l’expression d’une peur viscérale de voir l’hémicycle tomber enfin entre des mains autres que celles des renégats sponsorisés par le président talon lui-même. L’obsession du président Talon d’organiser la mise sous tutelle politique du parlement se justifie par le besoin de ce monsieur d’initier un second mandat sans avoir à passer par la case réélection.

Ce n’est plus de la politique c’est une stratégie léonine pour arracher une chose qu’aucun Béninois digne de ce nom ne voudrait lui consentir, un pouvoir absolu et totalitaire .

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