GOUVERNANCE ÉCONOMIQUE AU BÉNIN : CHRONIQUE D’UNE CATASTROPHE ANNONCÉE

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Dans sa version dédiée à l’Afrique le quotidien économique français la tribune dévoile les dessous de la véritable situation économique et financière du Bénin. Au-delà des fanfaronnades du gouvernement, certaines réalités du marché financier sous régional viennent nous rappeler que contrairement aux multiples effets d’annonces le gouvernement du Bénin peine toujours à séduire des investisseurs retissant à mettre la main à la poche pour financer le fameux PAG.

« Ce n’est pas la première fois que le Bénin a recours au marché financier de l’UEMOA cette année. En mars, deux fois, en avril, une fois, en mai, une fois, etc., le Bénin a ces derniers temps, plusieurs fois sollicité ce marché pour financer ses projets, et parfois sans succès.

Début mars 2018, une opération visant à mobiliser 35 milliards de francs CFA s’est soldée par une véritable débâcle. Deux semaines plus tard, à la fin du même mois, une nouvelle opération visant à mobiliser 20 milliards de francs CFA, ont permis de brillamment obtenir 22 milliards de francs CFA (taux de couverture de 121,85%). Après une autre opération sans grand succès en avril 2018 visant à mobiliser 60 milliards de francs CFA, l’État béninois a connu un nouvel échec en mai dernier avec un taux de couverture de 48,19% pour une opération visant 20 milliards de francs CFA (seulement 9 milliards de francs CFA ont pu être mobilisés ».

Dans l’ensemble ces chiffres témoignent d’une certaine difficulté à mobiliser les fonds nécessaires à la réalisation des projets phares du quinquennat Talon. Il serait donc en réalité question d’une véritable crise de confiance entre le gouvernement béninois et les marchés financiers sous régionaux. Plus encore il est à craindre que des marches financières plus matures ferment leurs portes aux doléances du Bénin, on comprend donc mal que la rupture tente en permanence de dépeindre en victoire ce qui de l’avis des spécialistes est en réalité une suite ininterrompue de débâcles économiques.

Alors que la dette du Bénin dépasse désormais les trois mille milliards, il serait peut-être temps pour le gouvernement de questionner sa stratégie économique afin de redonner confiance aux principaux acteurs de l’économie nationale. À commencer par les hommes d’affaires locaux qui au lieu d’être encouragés sont pris en grippe par un régime qui compte quand même dans ses rangs quelques financiers réputés. Monsieur Talon serait-il en train d’apprendre à ses dépens que la gestion d’un pays demande plus de ressources que le fonctionnement d’un groupe d’entreprise.

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