Rosine Vieyra Soglo : le crépuscule d’une grande dame

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Rosine Vieyra Soglo aurait fini par faire le choix d’une allégeance servile au président Talon. La rumeur ne pouvait être que fausse et elle l’était en vérité. Le cabinet de la renaissance du Bénin n’a pas mis longtemps pour publier un démenti cinglant. C’est alors tout un peuple qui a poussé un ouf de soulagement face a une nouvelle qui si elle avait été exacte aurait tué chez nombres de béninois les derniers espoirs en une opposition beaucoup plus virile au président Talon.

Oui virile, parce que c’est encore à plus de 80 ans ce qu’incarne l’honorable Rosine Vieyra Soglo. Paradoxe inexplicable chez cette grande dame a l’allure frêle et aux manières bourgeoises, mais qui   on ne sait, par quelle alchimie, a l’hémicycle se transforme en terreur de ces messieurs.

Député à l’Assemblée nationale par amour du peuple, ex première dame par amour tout court et empêcheuse de tourner en rond par devoir de conviction. Ainsi présenté on comprend que le parcourt de Rosine Soglo soit avant toute question de loyauté. Une loyauté au peuple qui bien souvent à l’hémicycle prend la forme d’envolées lyriques mémorables où se côtoient des vérités dites sur un ton acerbe, des bravades politiques parfois déconcertantes et une constante recherche du consensus.

Il n’y a donc rien d’étonnant que le camp de la rupture ait eu des sueurs froides à l’annonce du retour au pays de la doyenne de l’assemblée. Elle découvrira qu’en son absence ses collègues du BMP ont à plusieurs reprises, étés à deux doigts de mettre à sac l’héritage démocratique pour lequel elle s’est tant battue. Qu’ils n’ont ménagé aucun effort pour transformer l’assemblée des élus du peuple en une caisse de résonnance docile où désormais on est menacé de prison quand on ose comme elle dire tout haut, ce dont tout bas souffre le peuple.

En ce moment où le Bénin fait face à un incertain destin, il est probablement louable d’observer le retour d’une des plus intègres intelligences de ce pays. Impatients sommes-nous donc de réentendre la verve tranchante de dame Rosine, étalée les méfaits d’une rupture dévoyée, tout s’élevant pour défendre au côté du peuple souverain le seul patrimoine qu’il nous reste, l’état de droit.

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