Bénin : une économie au creux de la vague.

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Officiellement les voyants sont aux verts pour l’économie béninoise. Les chiffres macroéconomiques indiquent une situation qui en apparence peut paraître satisfaisante. Le gouvernement du président talon ne se prive d’ailleurs pas de communiquer abondement autour d’une reprise économique qui pour l’instant n’est perceptible que dans les chiffres des statisticiens.

Pour le béninois lambda par contre la situation est beaucoup moins reluisante, la politique de développement du président Talon est décrite comme trop libérale et pas assez sociale. Un ultra libéralisme qui selon de nombreux observateurs ferait fi de la misère qui frappe toujours une majorité de la population béninoise. L’ambitieux programme d’action gouvernemental peine encore à traduire en réalité concrète les espoirs de développement dont le gouvernement se fait l’apôtre. Dans ce cas, quelle analyse doit-on faire des choix économiques du président Talon.

Une croissance en trompe l’œil.

Si d’un point de vue purement technique la croissance est effective, elle est plus due au rétablissement progressif de l’économie nigériane qu’a une réelle avancée des paramètres économiques propres au Bénin. L’ère de la rupture se caractérise par un repli important noté sur le marché de l’emploi.  Des licenciements massifs ont eu lieu dans de nombreuses entreprises d’État, pis le secteur privé béninois a montré depuis l’arrivée du président talon une frilosité que d’aucuns n’hésitent plus à mettre sur le compte d’une chasse aux sorcières engagée contre ceux des hommes d’affaires qui auraient pour de multiples raisons intégré les rangs de l’opposition.  Cas le plus emblématique de cette situation, les entreprises de l’homme d’affaires Sébastien Ajavon ploieraient sous le poids de redressement fiscal aux contours douteux.

Si le roi de l’agroalimentaire ne s’est pas encore résolu à fermer c’est probablement en raison de sa très grande surface financière, ce qui lui confère une résilience que n’ont pas toutes les entreprises locales qui elles ont malheureusement fermées les unes après les autres. La croissance actuelle dont se vante le président Talon n’a donc profité ni aux entreprises locales ni aux populations du pays.

PAG une chimère qui s’ignore.

Avec son PAG initié des les premières heures de son mandat le président talon a laissé libre cours à une ambition que les observateurs les plus avertis ont qualifiée de mégalomaniaque. Même si certains des projets identifiés ne sont en réalité que des serpents de mer sortis des tiroirs poussiéreux de l’administration, l’essentiel des projets proposés à la réalisation souffre d’un manque d’ancrage dans les réalités économiques du pays. Ce PAG ne ne reflète pas l’état réel de notre économie. Nous faisons face à des problèmes d’autosuffisance alimentaire, d’éducation, d’accès à l’eau potable et aux soins médicaux. Dans ce contexte pourquoi devons-nous alors nous vanter d’avoir plus d’immeubles de luxes ou de musées.

Tant qu’il n’y a pas de réalisations harmonieuses sur toute l’étendue du territoire, ce genre de projets est parfaitement inutile. Nous mélangeons croissance économique et développement. La croissance économique est une accumulation de richesse tandis que le développement est l’amélioration des conditions de vie de la population. Nous sommes un pays pauvre donc plutôt que d’enterrer des milliards qui n’ont presque aucun retour sur investissement développons sérieusement notre agriculture qui pourra créer un effet d’entrainement aux autres secteurs de l’économie.

À ce rythme le Bénin court à sa perte. L’année dernière déjà nous avons été incapables de payer le service de notre dette. Si nous n’arrivons plus à le payer intégralement les taux d’intérêt augmenteront. S’ils augmentent, nous serons encore moins capables d’assurer nos remboursements… dès lors nous ne bénéficierons plus de prêts. Ce qui est presque déjà le cas. Par contre les impôts augmenteront ce qui là aussi est déjà d’actualité. Les subventions publiques s’arrêteront totalement et les licenciements se feront plus massifs encore. La dernière fois que la France a fait défaut sur le service de sa dette, cela lui a pris cinquante ans avant qu’elle ne puisse emprunter de nouveau.

Le PAG n’est pas réaliste. C’est un plan égoïste et inutile conçu pour fournir à court terme un bilan au chef de l’état en vue des joutes électorales à venir. Mais un prétendu bilan vaut il la peine de sacrifier le Bénin et ses générations futures en s’endettant dans la réalisation de projets qui ne profiteront en réalité qu’a une élite ? il faut revoir l’orientation économique du  Bénin avant que le rêve ne se transforme définitivement en cauchemar .

 

 

 

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